Le reporter

FX-IN-SKY-light-left-bis.jpgFrançois-Xavier Guillerm, dit fxg, est le correspondant permanent à Paris des éditions antillaises du groupe Hersant Media (France-Antilles Guadeloupe et Martinique, France-Guyane). Les articles et photos qui sont publiés sur ce blog permettent aux antillo-guyanais de Paris de prendre connaissance de ce qui s'écrit autour d'eux dans les quotidiens régionaux des DFA. Depuis le 18 novembre 2008, France-Antilles  a son propre site... franceantilles.fr. En attendant qu'on puisse faire basculer ce blog avec son concept 5e DOM sur le site franceantilles.fr, ce blog reste actif et s'adresse à tout ceux qui s'intéressent à l'actualité du 5e DOM. Il peut y a voir des sujets hors thématique outre-mer. Tant pis à ceux que ça emmerdent. Mwen ka fenn tchou zot !

f.guillerm@hersant.com

Le photographe

REGIS-BW-stand-light.JPGRégis Durand de Girard, copyright RDG,  est photographe indépendant. Il vient du théâtre auquel il a consacré vingt ans. Photo-reporter à Paris pour le quotidien régional France-Antilles, il fait des photos pour le théâtre (Fabrice Luchini), la danse (Cie Bisextile, Ménagerie de verre), la télévision (LCP, Canal +) et des créations axées sur le formalisme des lignes et l'impact de la lumière. Ses influences viennent à la fois de Martin Parr pour la sociologie et les lumières, de Weegee pour le fait-divers au flash ou encore de Bruce Weber pour le fashion. L'histoire de la peinture tisse ces liens improbables. Il a publié dans Le Monde, l'Express, Le Point, Le Nouvel Obs, Le Parisien, Le Figaro, Matin Plus, Pariscope, l'Yonne Républicaine, Les Nouvelles Calédoniennes, les Nouvelles de Tahiti...
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Jeudi 2 février 2012 4 02 /02 /Fév /2012 15:00

« La pagaille » dans les comptes de la chambre d’agriculture à la Cour des comptes
Les magistrats financiers de la Cour des comptes ont eu à juger, hier après-midi à Paris, deux affaires concernant la comptabilité de la chambre d’agriculture de la Guyane entre 2000 et 2008. Après une tentative ratée de visio-conférence et le refus du président Deschmaeker de renvoyer l’affaire à plus tard, l’audience a pu démarrer. La première affaire visait à donner une amende aux deux comptables qui se sont succédé à la chambre d’agriculture, MM. Loupec (de 2000 à 2007) et Lambert (depuis 2007). Ces amendes seraient justifier car les deux hommes ont produit leurs comptes avec retard. 26 mois de retard en 2005 ; 14 mois en 2006 ; 2 mois en 2007 et dix mois en 2008. L’avocat général, minorant un peu les comptes du rapporteur, a réclamé 880 € d’amende contre M. Loupec, et 600 contre M. Lambert. Est venu ensuite le temps de juger les comptes de la chambre entre 2004 et 2007. Le réquisitoire du parquet a établi une série de créances non recouvrées, « faute de diligence des comptables en exercice » pour un montant global quelque 832 000 €. Il s’agit de dettes non recouvrées d’organismes agricoles, de Dexia, de la Région, de communautés de communes ou encore de l’Europe. C’est encore M. Loupec qui a fait l’objet de toutes les interrogations puisque M. Lambert avait pris la précaution d’émettre dès son arrivée à la chambre des réserves sur l’ensemble ou presque de ces créances non recouvrées. L’avocat général a reproché au comptable d’avoir laisser passer la prescription sans avoir mené de diligences pour encaisser ses créances et a lâché le mot de « pagaille » concernant ces comptabilités. Il y a bien eu un débat au tour de chaque somme mais au final, le rapporteur comme le parquet sont tombés d’accord pour mettre M. Loupec en débêt, c’est-à-dire le rendre responsable des pertes de la chambre d’agriculture de la Guyane à hauteur de plus d’un demi-million d’euros. « La situation n’est pas simple, a précisé à la fin de l’audience le président Deschmaeker ; il y a un très grand désordre de la comptabilité qui laisse perplexe les juges des comptes… Sanctionner oui, mais pour quel montant ? » Que ce soit pour les amendes ou pour la mise en débêt de M. Lopuec, les juges financiers rendront leur décision le 8 mars prochain. Lors de la tentative de visio-conférence, M. Lambert s’est renseigné sur ses droits à faire un éventuel pourvoi en cassation.
FXG (agence de presse GHM)

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Jeudi 2 février 2012 4 02 /02 /Fév /2012 11:06

Les derniers voeux de Sarko

Voeux Sarko « J’ai hésité… » Arrivé sobrement, sans talonnette, face à la presse qu’il avait invitée le 31 janvier à 17 heures, Sarko s’est prêté à sa deuxième et dernière séance de vœux à la presse de son quinquennat. La première, en janvier 2008, avait laissé quelques traces, notamment chez Laurent Joffrin… Sarko avait encore développé un grand concept qui fît long feu, « la politique de civilisation ». Bref un exercice si réussi qu’il n’avait plus adressé de vœux à la presse depuis. D’où ses hésitations. « Peut-on faire des vœux à la presse ? A titre personnel… Un journaliste a droit au bonheur… » Allusion pas même masquée à son fameux « un président de la République a droit au bonheur » en 2008, après avoir annoncé, un rien frimeur : « Carla et moi, c’est du sérieux. » Alternant humour et cynisme, le président de la République a néanmoins souhaité une année 2012 « pleine de passion, de rebondissements, d’épreuves et de force ». « C’est plus facile à décrire que le calme plat… » Et, à la façon de Lénine parlant à ses alliés socialistes, Sarko a proposé à la presse de « faire un bout de chemin ensemble » tout en faisant un parallèle avec la vie d’un couple : « Aucun stigmate annonciateur de déchirure dans notre couple… » Même s’il a soulevé un reproche : « Je vois bien vos astuces pour me remplacer… Vous m’avez élu homme de l’année 2011, j’espère que ce n’est pas pour me détourner de l’année 2012… » Plus sérieusement et s’adressant autant à lui qu’aux journalistes, Sarko a indiqué que « le mot sentiment n’a pas sa place entre nous, dans les rapports professionnels ». Il a aussi accordé à la presse le rôle de la critique : « C’est la seule façon de progresser. Là, merci j’ai fait des progrès considérables… » Le président sortant essaiera donc de ne pas décevoir la presse : « Je vais essayer de déjouer certains de vos pronostics. » Mais voulant se montrer au-dessus de la mêlée, il a parlé des idées : « L’enjeu des trois mois à venir est là ; ce sera le cœur de la campagne. » Sarko la voit comme la première véritable campagne présidentielle du XXIe siècle ;  « la première où l’on verra le monde s’inviter dans le débat national français… » Et évoquant les réseaux sociaux, le président a eu ce mot : « Vous n’avez plus le monopole de l’info, ni même celui des médias, nous sommes dans l’univers de l’auto-information où chacun peut présenter sa vérité ou son désarroi… » Et réagissant à la vogue du buzz telle une « pulsion ado », il a conseillé aux journalistes de « laisser à la sphère de l’auto-information la pulsion de l’émotion immédiate et de garder (pour eux) la pédagogie de l’information calibrée ». Puis, il a rappelé les 580 millions d’euros d’aide de l’Etat pour la presse écrite : « La presse n’est pas le 4e pouvoir de la démocratie ; c’est un pilier ! » Et il a eu cette formule étrange : « La presse écrite est à la presse ce que les usines sont à l’économie… » Ambiance sidérurgie années 1980 ! Heureusement il y a le livre : « Nous sommes un pays où sortent autant de livres hostiles au président que de 1ers romans. C’est formidable, la presse est tellement libre ! » Alors, le maître a donné sa leçon : « Racontez des histoires, décortiquez les programmes, trouvez vos lecteurs, auditeurs, téléspectateurs. Si on réussit ça au premier semestre, alors on pourra attaquer le second… Le « on » ne me met pas dedans. » Et au cas où il y aurait un doute, il a précisé : « 2012 ne me décevra pas ! » Finalement, ces seconds vœux du quinquennat avait presque un parfum d’au revoir, au moins au cas où…
FXG (agence de presse GHM)

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Jeudi 2 février 2012 4 02 /02 /Fév /2012 07:41

Marine Le Pen veut un « pont économique aérien » entre la métropole et l’outre-mer

M-Le-Pen-portrait--FXG-.jpgLa candidate du Front national à l’élection présidentielle a présenté son programme pour l’Outre-mer, hier, à Paris. Entourée de la Martiniquaise Huguette Fatna, conseillère régionale d’Alsace, et du conseiller politique, Jean-Michel Dubois, Marine Le Pen a d’abord rappelé que c’est en 1987, en Martinique, qu’elle a fait ses premiers pas en politique… Après avoir cité une liste très exhaustive de toutes les personnalités ultramarines qui ont compté et qui comptent encore (de Félix Eboué à Raymond Barre en passant par Patrick Chamoiseau et Raphael Confiant, Marie-Josée Perec et Frédéric Savin…), elle s’en est pris à la gestion du président sortant : « Je condamne l’indifférence et le mépris caractérisés par le rattachement du ministère de l’Outre-mer à celui de la police… ». Une gestion qui, selon elle, a ajouté une crise à la crise : « 263 000 chômeurs, une immigration clandestine hors contrôle, 190 000 foyers au RSA… » Après avoir dit que Jacques Chirac avait été « un bon président pour l’Outre-mer », elle a vanté la loi Girardin : « Il ne serait pas absurde de revenir à ses dispositions dans un loi cadre pour 15 ans ». Contre les abus, elle propose que l’agrément donné localement soit renouvelé tous les cinq ans avec les justifications en termes de création d’emplois. Elle propose encore de remplacer l’ambassadeur pour la coopération régionale nommé par le quai d’Orsay par un ambassadeur économique nommé par Bercy. Elle prône sa vision de l’Etat stratège en « apportant une aide substantielle au développement portuaire et routier » et, dans le cadre de l’entreprise française privée ou publique, « en favorisant les pistes d’exploitation et d’encadrement des richesses de notre sous-sol, pétrolière, aurifère en Guyane, ou le nickel en Nouvelle-Calédonie ». Elle entend encore soutenir les filières de la canne et de la banane, « une priorité » et remettre en cause l’accord de Genève qui « menace directement les producteurs de bananes ».

"Pour une pause institutionnelle"

Fatna-Le-Pen-Dubois--fxg-.jpgSur la cherté de la vie, elle assure que l’Etat entamera des « négociations musclées, s’il le faut, avec la grande distribution en métropole pour que l’on puisse trouver des produits locaux comme on peut voir des produits régionaux de métropole ». Le tourisme serait soutenu grâce au fonds de réserve du financement des PME/PMI, abondé à hauteur de 10 à 12 milliards d’euros par an. « Une part de ce fonds leur sera réservé » pour favoriser la formation et la création d’un tourisme haut de gamme. Elle a dénoncé le prix « prohibitif » des billets d’avion en période de vacances scolaires et « l’outre-mer, vache à lait des compagnies aériennes ». Elle réclame l’ouverture du trafic aux autres compagnies aériennes européennes. Quant au dispositif de continuité territoriale, elle considère que ce service n’est pas assuré et recommande d’appliquer aux Antilles Guyane le dispositif en place entre l’Espagne et les Canaries. Elle assure encore qu’elle maintiendra les congés bonifiés. Sa politique d’immigration consiste à remettre en cause le droit du sol et à réserver les prestations sociales aux seuls citoyens français. « L’outre-mer doit être bénéficiaire d’un patriotisme économique et social. » une manière de réclamer la priorité pour les Ultramarins, notamment les étudiants, devant les étrangers pour l’emploi et le logement. Elle a considéré enfin que les évolutions institutionnelles étaient « une fuite en avant, un rideau de fumée ». Elle réclame donc une pause institutionnelle tout en s’accordant la possibilité d’envisager un débat sur la bi-départementalisation de la Réunion. Pour la Nouvelle-Calédonie, elle recommande une « réconciliation à poursuivre dans le respect et l’équité » et une remise en cause du gel du corps électoral : « Un homme, une voix, plaide-t-elle. Tout Français doit pouvoir voter en Nouvelle-Calédonie ». En conclusion de son intervention, Marine Le Pen a plaidé pour « un pont économique aérien entre le métropole et l’outre-mer, un couloir économique prioritaire ».

FXG (agence de presse GHM)

Photo : Huguette Fatna, Marine Le Pen et Jean-Michel Dubois


Soutien ultramarin

Le Guadeloupéen de Paris, Charles Dagnet, ancien co-président du Collectifdom, annoncé présent en tant que membre du comité de soutien de la candidate du FN n’était pas là, hier. Marine Le Pen l’a excusé en invoquant des raisons professionnelles et a assuré qu’il serait, ce jeudi, présent à la conférence de présentation de son comité de soutien.


Déplacement outre-mer

Si Marine Le Pen a confirmé son déplacement à la Réunion du 6 au 9 février (là-bas, le FN a investi 7 candidats dans les 7 circonscriptions législatives), elle a, en revanche, indiqué qu’elle était contrainte d’annuler son déplacement en Martinique et en Guadeloupe prévu en mars. Elle l’a justifié par sa recherche de parrainages. « Faute de signatures suffisantes, les banques ne sont pas prêtes à nous débloquer des crédits. Nous n’avons donc pas suffisamment de budget pour organiser un tel voyage. »

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Jeudi 2 février 2012 4 02 /02 /Fév /2012 07:03

Houblon, Almont et Maurice-Bellay investis aux Antilles
Europe Ecologie Les Verts a validé l’investiture de la candidate Janine Maurice-Bellay dans la 2e circonscription (Nord) de la Martinique pour les législatives du mois de juin. « Notre décision a été motivée par le caractère novateur et audacieux de cette candidature qui traduit dans les faits le principe même de la continuité territoriale que nous appelons de nos vœux », indique-t-on chez EELV.  D’autres investitures ont été révélées ce jour. Elles concernent le parti radical de Jean-Louis Borloo. Il a accordé son investiture à Alfred Almont, député sortant UMP, dans la même circonscription que celle de Janine Maurice-Bellay, la 2e de Martinique (mais une bonne source, en Martinique, nous indique qu'Alfred Almont ne se représenterait pas...)

Enfin, le Parti radical a investi l’ancienne nationaliste de l’UPLG, Christine Houblon, dans la 4e circonscription de la Guadeloupe, celle-là même qui attend le duel entre Victorin Lurel pour le PS et Marie-Luce Penchard pour l’UMP.

FXG (agence de presse GHM)


Alfred Almont dément

Le député UMP de la Martinique, Alfred Almont a démenti, via son attaché parlementaire, être un candidat investi par le parti Radical aux législatives de juin 2012. Et pour cause, il ne se représenterait plus.

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Jeudi 2 février 2012 4 02 /02 /Fév /2012 06:14

La TVA sociale ne s’appliquera pas  outre-mer promet le gouvernement
Le Président de la République a annoncé, dans son allocution du 29 janvier dernier, une baisse des charges sociales pour les entreprises, compensée par un relèvement de la TVA de1.6 points, afin de favoriser la compétitivité, l'industrie et l'emploi. Lors de la séance de questions au gouvernement, mercredi, Alfred Marie-Jeanne (Martinique) et Jeanny Marc (Guadeloupe) ont interpellé tout à tour les ministres de l’Outre-mer et du Budget.
Marie-Luce Penchard a indiqué, comme elle a eu l'occasion de l'évoquer lors de son récent déplacement aux Antilles, que ce dispositif ne s'appliquerait pas Outre-mer. Qu’il s’agisse des collectivités d'outre-mer, de la Nouvelle-Calédonie et de Mayotte, elles ne relèvent pas de la fiscalité de droit commun. Pour les autres départements d'outre-mer, ils bénéficient d'un système dérogatoire de taxation indirecte, avec l'octroi de mer, destiné à protéger l'économie locale. Enfin, les départements d'outre-mer bénéficient d'ores et déjà d'allègements importants de charges sociales, en particulier par la Lodeom. « Au regard de la spécificité des règles fiscales et sociales, cette réforme ne peut donc pas s'appliquer en outre-mer. » Valérie Pécresse a ajouté par ailleurs, que l’outre-mer, en matière d’allègement de charges, bénéficiait de dispositifs plus avantageux que ce qui a été choisi pour l’Hexagone.
FXG (agence de presse GHM)

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Mercredi 1 février 2012 3 01 /02 /Fév /2012 06:15

Les bonnes notes de Fred Deshayes
Dimanche après midi au New Morning, le leader  emblématique du groupe Soft, Fred Deshayes, avait rendez vous avec le public  parisien pour présenter son dernier album éponyme, « Fred Deshayes », une nouvelle aventure en solo.
Fred-Deshayes-Rudy-Lewis-batterie-Thierry-Jean-Pierre-et-R.jpgLe public qui avait quitté son petit confort du dimanche pour braver le froid ne s’est pas trompé sur la qualité musicale du spectacle qu’offrait le New Morning et le producteur Eric Basset (Aztec Musiques) En première partie de soirée, Patrice Hulman en chauffeur de salle a assuré l’ambiance. Le crroner, ô combien apprécié par l’ensemble des spectateurs, a eu le grand honneur de souhaiter un bon anniversaire à Lina Bart qui fêtait ses quarante printemps avant de lui offrir son dernier album en souvenir.
Patrice-Hulman-et-Lina-Bart-photo-Alfred-Jocksan.jpgVient le temps de l’artiste guadeloupéen. Un surdoué de sa génération. La musique de Fred Deshayes contribue à la diversité musicale de son pays. Son talent est intact et acquiert une certaine maturité lorsqu’il rend un hommage poignant à son père (l’avocat Jean-Pierre Deshayes) qui a intériorisé au plus profond de lui, véritable  désastre mental, les événements de 1967 à Pointe à  Pitre : « Mon père avait vingt ans et à vingt ans, de condition modeste, il vivait déjà le racisme social et pour lui c’était tellement évident que ce n’était pas possible de vivre avec les Français, pas possible. Car pour lui, ils tiraient sur les Noirs. Pour lui c’était presque naturel en 1967 d’avoir du ressentiment. » Claudine-Dominique-Patrice-Rudy-Thierry-Ralph-et-Fred-photo.jpgIl présente cette chanson hommage comme un genre de document de témoignage. « On a tiré sur les gens, on a vu les gens mourir et on n’a jamais trouver les corps... C’était une chanson que mon père chantait tout le temps et c’est à partir de l’âge de douze ans que j’ai compris que c’était sa chanson et pas celle d’un d’autre, « La vi fofilé ». Aujourd’hui, Fred cherche plutôt l’unité et l’union dans sa musique pour mieux se faire comprendre : « En temps de crise, il faut toujours trouver des choses qui nous unissent », dit il.  Mais, lui, il a l’unité harmonique. Son premier album en solo est un coup de vent vrai où certains titres ont la touche  du maitre, Jacob Desvarieux, pour l’arrangement.
Claudine-et-Fred-phgoto-Alfred-Jocksan.jpgFred est un parolier et un  mangeur des notes ; il a un goût poussé pour l’acoustique et sa guitare fait le reste sur ses paroles qui ne tombent jamais dans la banalité du quotidien ni celle du zouk love au dessus des genoux !
Sur la scène du New Morning entouré de deux choristes martiniquaises de toute beauté, Claudine Pennont et Dominique Lorté. Il joue le charmeur. Coté musicien, il y a   Rudy Lewis à la batterie, Thierry Jean-Pierre à la guitare basse et Ralph Lavital à la guitare rythmique, et lui avec sa guitare et sa chemise grenat, cachant sa rondeur ventrale. le-batteur-Rudy-Lewis-photo-Alfred-Jocksan.jpgAvec ce groupe, il a trouvé les ingrédients pour faire apprécier ses bonnes notes et ses belles mélodies.  En duo avec Claudine, Fred  s’évade dans l’émotion et le charme. Puis avec  son unique invité venu de Sainte Anne, Dominique Coco, l’ambiance explose. Fred est celui qui refuse de dire que le jazz est de la musique d’intellectuel, car  la musique créole est née de l’improvisation. Alors en solo ou en duo, Fred Deshayes  donne dans le rythme sans mettre de gaz dans le jazz. Même s’il s’accorde à dire : « Ma musique est blanchie à la Bastille et noircie à Harlem. » Sans véritable publicité autour du concert. Fred est arrivé a un stade de sa vie de troubadour où sa notoriété lui permet de faire sans.
Alfred  Jocksan (agence de presse GHM)


Quatre questions à Fred Deshayes :
Fred-Deshayes-2-photo-Alfred-Jocksan.jpg« Merci à tous ceux qui font l’erreur de croire que j’ai du talent »
Voilà un concert de présentation très intime…
Il est de la volonté de l’équipe de faire un concert un peu intime de présentation où il n’a pas beaucoup de pression. Moi, je dirai simplement, les choses ne se passent pas toujours comme on voudrait, ce qui compte c’est que pour moi en tant qu’artiste, je fais de la bonne musique dans de bonnes conditions. C’est le cas ce soir. Je ne connais rien qui soit parfait. C’est la vie.
Ce titre « La vi fofilé » rendant hommage à votre père, avez-vous mesuré son importance devant l’auditoire ?
J’ai enregistré cette chanson « la vi fofilé » comme un témoignage, comme un document qu’il y a dans ma famille pour le transmettre.  Ça me plait. C’est une chanson que j’aime et elle est à sa place dans l’album. Elle justifie l’album solo. Ce qui justifie le fait de jouer sans les autres parce que le texte est extrêmement dur, extrêmement brutal. Je crois c’est une très jolie chanson.
Pourquoi ce choix de sortir un album solo ?
Je n’ai aucune idée pourquoi maintenant. C’est un choix. On a fait trois album de Soft, on fait mon album et après celui de Joël Larochelle et celui de Philippe Sadikalay et après on reviendra faire un Soft. Le prochain album de Soft, il est loin…
Comment expliquez-vous votre entrée en scène en rendant un hommage direct à Jacob Desvarieux ?
Je remercie tous ceux qui ont l’humilité et font l’erreur de croire que j’ai du talent. Parmi eux, je peux citer le défunt PSE, mais aussi Jean-Philippe Fanfant, Frédéric Caracas qui joue sur l’album, et Jacob Desvarieux parmi tant d’autres qui ont commis cette grave erreur ! On verra plus tard, si j’avais vraiment du talent ou pas. On ne le verra pas maintenant. Je peux dire que ça communique bien. Même Alain Jean-Marie ! Comme quoi même les grands se trompent (rires)… Je les remercie de m’avoir poussé, de m’avoir encouragé autant. Moi je tiens à ça. « Mwen pa mandé yo à yin et pon moun pa mandé yo a yin ». C’est un genre de love.
Propos recueillis par Alfred Jocksan






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Mercredi 1 février 2012 3 01 /02 /Fév /2012 05:46

Un an après l’inauguration de son nouveau siège à Marseille, la 3e compagnie mondiale de transport maritime, a ouvert son QG à l'agence de presse GHM.
-CMA CGM assure le lien entre l'Hexagone et les Antilles depuis 1862
-Elle détient 47 % de parts sur le marché antillais où sont présents 7 compagnies
-Faute de développement suffisant des ports antillais et guyanais, CMA CGM pourrait aller transborder à Trinidad ou Saint-Domingue.
« La part du fret dans le prix des produits, c’est peanuts ! »
Tour-CMA-CGM-vue-de-face---Philippe-Ruault.jpgLe siège de la CMA CGM, une œuvre architecturale de Zaha Hadid, inaugurée en janvier 2011, élève fièrement ses 32 étages dans le ciel marseillais, à 148 mètres de hauteur, soit 1 mètre en-dessous du socle de calcaire sur lequel repose Notre-Dame de la Garde, la Bonne mère. Au 21e étage, avec une vue imprenable sur la rade, se trouve la direction des lignes de la zone Antilles. Elle rassemble, sous l’autorité de Xavier Eiglier, une dizaine d’opérationnels, autant de commerciaux et une poignée de contrôleurs de gestion. Ensemble, ils gèrent les 7 lignes qui desservent les Caraïbes. Il y a d’abord, les 4 PCRF (porte containers réfrigérés frigorifiés) dédiés uniquement aux Antilles françaises depuis Dunkerque. D’une capacité de 2260 EVP (containers équivalents 20 pieds) et 500 prises frigo, ils sont la nourrice entre les Antilles et l’Hexagone. Ils arrivent avec de quoi remplir les supermarchés et autres enseignes de bricolage, meubles, etc… Ils repartent avec de la banane (35 % du fret en sortie) et du rhum. Mais comme aime bien le rappeler Xavier Eiglier, « tout ne vient pas du Havre ! » Cette ligne représente tout de même le plus fort chiffre d’affaires de la direction Caraïbe. Une autre ligne, la Medcaribe permet à 6 cargos (d’une capacité de 2500 EVP à partir de cette année) de relier l’Italie, l’Espagne, le sud de la France, le Maroc aux Antilles françaises et au-delà, Trinidad, le Venezuela, la Colombie, Panama et Saint-Domingue. Cette route permet, grâce au hub de Tanger, des transbordements de marchandises en provenance d’Asie sans passer par le Havre, ce qui économise 7 jours de mer et autant de carburant. C’est par cette ligne qu’est importée en France la banane de Saint-Domingue pour le compte de l’UGPBan.
Une troisième ligne a été spécialement édifiée pour assurer une desserte directe entre la métropole et Guyane française avec six navires de 1 700 EVP spécialement étudiés pour pouvoir escaler à Degrad des cannes. Deux sont à Marfret, 4 à CMA CGM. Ils sont exploités en vessels sharing agrement (VSA), un accord de partage de navire. Cette ligne relie le Havre à la Guyane, Saint-Martin, Trinidad, Fortaleza et Belem.
7 lignes en Caraïbe
CMA-CGM-Fort-St-Louis---Copyright-CMA-CGM.jpgUne 4e ligne dépend encore de cette direction Caraïbe quoiqu’elle ne quitte pas l’Atlantique Est. Elle est constituée de feeders (petits cargos) qui chargent leur fret à Bordeaux, Montoir ou Brest avant de rejoindre le Havre où cette marchandise est transbordée sur les PCRF qui rejoignent les Antilles françaises.
Une 5e ligne, la Guyanas, est travaillée par deux navires de 700 EVP. Elle relie les Antilles françaises aux Guyanes via Trinidad. Elle permet d’assurer un lien commercial entre la Guyane et les Antilles françaises, de ramener la banane du Suriname en Guadeloupe où elle est chargée sur les PCRF et, enfin, elle joue un rôle de petit transporteur (feeder) pour l’export dans ce bassin régional.
Une 6e ligne, le Golfe bridge est desservie par 4 navires de 2500 EVP. Elle va de New-Orléans à la Guaira, Carthagène et Kingstone via Houston, Vera Cruz et Alta Mira. Cette ligne connectée permet de drainer les marchandises en sortie des USA et du Mexique vers Kingstone d’où elles peuvent partir vers l’Asie, de même qu’elle permet les importations antillaises du Mexique ou de Carthagène.
Enfin, CMA CGM exploite une 7e ligne dans la zone avec un navire roulier, le Cap Canaille. Il dessert depuis la Guadeloupe les îles Leewards (Saint-Martin, Saint-Barth, San Juan). Mais bien d’autres bateaux de CMA CGM transitent dans cette région sans être supervisés par la direction Caraïbe de Marseille. C’est le cas des cargos (2000 EVP) qui partent de la zone franche de Manaus au Brésil pour gagner Panama via Belem et Trinidad, mais aussi ceux qui assurent la ligne tour du monde (Europe du nord, côte est des Etats-Unis, Kingstone, Panama, Papeete, Nouméa, Australie, Nouvelle-Zélande, Panama, Kingstone, Etats-Unis, Europe. Et encore la ligne Brésil, Trinidad, côte est des Etats-Unis et celle qui relie la côte est et la côte ouest des Etats-Unis via Panama.
FXG (agence de presse GHM)


Quelle concurrence aux Antilles ?
Moller-Maersk.jpgCMA CGM n’est pas en situation de monopole aux Antilles. Elle détient 47 % de parts de marché et se trouve en concurrence frontale avec Maersk et Marfret, mais aussi de petites compagnies qui complètent l’offre. Elles sont Ferron, Seatrade, Geest et Soreidom. « On vend de l’espace à nos concurrents », explique Xavier Eiglier. Ainsi Maersk, Marfret et Ferron peuvent emprunter les navires de CMA. Et si le Havre reste un passage obligatoire, la SOREIDOM qui exploite un navire conventionnel (du vrac en cale) lui préfère La Rochelle. Sa place de leader, CMA CGM la doit à son ancienneté dans la zone (150 ans), à son offre de service dédié à jour fixe hebdo, et à son offre de service global toute origine, toute destination. Depuis 2008, selon une étude de l’autorité de la concurrence, les taux de fret ont chuté de 22 %, notamment avec l’arrivée de Seatrade, « et ce malgré la hausse des cours du pétrole ! », souligne Xavier Eiglier. La tonne de pétrole coûtait en moyenne 650 $ en 2011. Ce qui fait dire à l’intéressé : « La part du fret dans le prix des produits, c’est peanuts ! »


Les infrastructures portuaires
EIGLIER-Xavier.jpg« Si la Guadeloupe n’améliore pas le niveau de son tirant d’eau, à long terme, on devra transborder en Martinique, Trinidad ou Saint-Domingue », prévient Xavier Eiglier qui insiste sur l’importance cruciale de développer les infrastructures portuaires.
A Degrad des cannes (Guyane), le quai n°1 a été entièrement refait, malheureusement il n’est pas exploitable car, aussitôt après sa remise à niveau, on s’est aperçu qu’il y avait une épave engloutie le long du nouveau quai, mais surtout que le fond est un socle rocheux qu’il faudrait dynamiter sans abîmer le quai… Selon Xavier Eiglier, cela nécessite au moins trois mois de délai. Après quoi il faudra s’attaquer aux quais n°2 et 3 qui présentent de vastes zones menaçant de s’effondrer…
Le port de Fort-de-France a un projet d’extension pour gagner un poste à quai supplémentaire et de l’espace de stockage pour les containers. « Il manque un poste additionnel, explique Xavier Eiglier, pour pouvoir faire travailler un deuxième bateau en même temps. »
Jarry.jpgLe terminal container de Jarry dispose d’assez de postes à quai mais il y a un problème de tirant d’eau. Un navire de CMA CGM s’est échoué récemment à l’entrée du chenal. Le port a donc lancé un appel à projet en juin 2011 auquel CMA CGM a répondu en septembre dernier. « On a été les seuls à répondre, indique Xavier Eiglier, mais on était un peu hors sujet car on n’a pas suivi le projet initial… » Les autorités portuaires de la Guadeloupe ont axé leur projet sur l’approfondissement du chenal et l’augmentation des surfaces de stockage pour drainer plus de volume en transbordement. « Notre proposition représente un coût 50 % moins élevé que celui évalué par le port. »
CMA CGM a besoin d’un port de transbordement, voire deux, dans l’Est de la Caraïbe car le hub de Kingstone ne sera pas suffisant pour les lignes qui ne vont pas jusque-là, selon M. Eiglier. Et là, les concurrents ne manquent pas : Port of Spain, mais aussi, La Guaira au Venezuela. « Notre offre n’est pas totalement hors des clous… Mais leur projet à 600 millions € est ingérable et inexploitable. Nous on propose de draguer à 14 mètres de  profondeur, mais sur une largeur de 50 mètres, sinon, ça s’effondrera… » L’idée étant de pouvoir accoster avec un cargo de 8 000 EVP mais aussi d’enrichir la desserte à l’export et à l’import. En 2011, CMA CGM a ouvert une nouvelle ligne entre Ponte-à-Pitre et New York et, en 2012, elle ouvrira une connexion directe entre Fort-de-France et le Costa Rica.
L’activité aux Antilles, en volumétrie, était inférieure en 2011 à ce qu’elle était en 2010. Les chiffres 2009 indiquent que le marché est de 100 à 110 000 EVP par an pour les deux îles. En comparaison, le marché guyanais est à 25 000 EVP. 300 personnes travaillent directement pour les Antilles dont 200 sur place.


CMA CGM dans les autres outre-mer
Kor Fakan A la Réunion, CMA CGM a une agence mais si elle opère une rotation hebdomadaire, elle n’assure plus de desserte en directe. Les marchandises arrivent d’Europe, Amérique ou Asie sur de gros porteurs (5500 EVP) à Khor Fakan aux Emirats arabes unis avant d’être transbordés sur de plus petits (1700 EVP) qui font office de feeders. Ce transbordement a permis de faire chuter le taux de fret à la Réunion. « Nos clients antillais ou guyanais n’acceptent pas l’idée d’avoir un service en transbordement depuis la métropole », note le vice-président en charge de la région Antilles Guyane.
Papette et Nouméa sont desservies tous les 14 jours. Les marchandises arrivent de l’Europe du nord, via la côte est des Etats-Unis, la Caraïbe et Panama avant que les navires ne poursuivent leur route vers l’Australie et la Nouvelle-Zélande. « Ce marché ne se justifie que grâce au fret pour les Etats-Unis, l’Australie et la Nouvelle-Zélande », explique Luc Portier, directeur des études au sein du siège à Marseille. Aucune marchandise n’est exportée de Papeete, ce qui n’est pas le cas de la Nouvelle-Calédonie qui exporte son nickel en container.
La Polynésie, la Nouvelle-Calédonie, mais aussi la Réunion importent de plus en plus de produits en Chine. Une situation bien différente de celle qui prédomine aux Antilles alors que l’existence de lignes maritimes l’autorise.


La société CMA CGMtour CMA CGM
CMA CGM, la compagnie maritime qui opère notamment aux Antilles et en Guyane, est aujourd’hui le 3e armateur mondial derrière le Danois Maersk et le Suisse MSC. Elle emploie 17 000 personnes, réparties dans 650 bureaux à travers la planète, 400 ports d’escale, 29 terminaux de manutention, et 6 hubs qui lui permettent d’offrir un service global mondial (Le Havre, Malte, Tanger, Khor Fakan, Port Kelong et Kingstone) pour 170 lignes régulières. Elle exploite 390 navires dont 90 en propriété et détient à elle toute seule 8.5 % de la capacité du transport maritime mondial. Jacques Saadé est à l’origine de cette réussite industrielle. Arrivé du Liban en guerre en 1978, il s’installe à Marseille et se lance avec trois personnes et un unique bateau qu’il affrète mais ne lui appartient pas (d’où le nom, compagnie maritime d’affrètement). En 1986, il ouvre la première ligne Europe Asie ; en 1992, c’est le premier bureau en Chine. Deux ans plus tard, CMA, est devenu le 20e armateur. En 1999, le processus de reprise de la CGM (enclenché en 1995) est achevé. La flotte comporte alors 78 navires. En 2003, CMA CGM est devenu le 5e armateur mondial avec 153 cargos. La croissance continue avec l’acquisition de Delmas en 2006 et la livraison, en 2009, du premier super cargo Christophe Colomb d’une capacité de 13 800 équivalent containers équivalents 20 pieds (EVP). En décembre dernier, CMA CGM signe un accord de partenariat avec sur l’Asie et l’Amérique latine avec MSC. Le chiffre d’affaires de la compagnie en 2010 s’établissait à 14.3 milliards de $ et environ 15 milliards en 2011. La compagnie a fait 1 milliard de perte en 2009, mais a fait 2 milliards de bénéfice en 2010 et devrait être à l’équilibre en 2011. Rodolphe Saadé, patron opérationnel, a d’ores et déjà commencé un plan d’économie de 400 millions de $. La croissance de CMA CGM progresse deux fois plus vite que celle du marché. Elle a transporté 1.9 millions EVP en 2001 pour 10 millions en 2011. Quant au trafic de containers, il a cru de 459 % en 10 ans chez CMA CGM contre 118 % pour l’ensemble du marché.


Le 150aire
500px-Louisianne-Lebreton.jpg Le 14 avril 1862  le Louisiane (tableau ci-contre) quitte Saint-Nazaire pour Fort-de-France où il arrive le 28 avril. C’est le début du service régulier par les 4 navires Louisiane, Floride, Tampico et Vera Cruz (renommés Martinique et Guadeloupe  des la fin de l’expédition au Mexique en 1867). Mais bien sûr, de nombreux autres navires de charge et paquebots (Impératrice Eugénie, par exemple) feront le voyage pour accompagner la logistique de la flotte proprement militaire. En 1861, la France de Napoléon III a décidé d’ouvrir une ligne France - Antilles - Mexique et de faire de Fort-de-France le port relais pour l’expédition militaire au Mexique où l’armée débarque ses premières troupes dès janvier 1862 (elles repartiront  en avril 1867).
1862 voit donc l’installation de la Transat (elle-même créée sous le nom de CGM en 1855 par les Frères Pereire) aux Antilles. Un accord est signé avec la colonie au terme duquel deux quais sont construits et les terres pleins « concédés » (la fameuse concession rendue volontairement à la CCIM en 1985).
Sources : Jean-Louis Saulnier et les ouvrages « La guerre du Mexique » d’Alain Goutman (Ed Perrin) et « La Martinique, base navale dans le rêve mexicain de Napoléon III » de Sabine Andrivon-Milton (Ed L’Harmattan)

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Mardi 31 janvier 2012 2 31 /01 /Jan /2012 06:36

Noirs de France sur France 5NOIRSDEFRANCE-illustration.jpg
L’historien Pascal Blanchard et le réalisateur Juan Gélas se sont intéressés, dans la série documentaire (3x52’) Noirs de France, aux Africains, Malgaches, Réunionnais, Martiniquais, Guadeloupéens, Guyanais, Comoriens, Haïtiens, Kanaks, mais aussi Parisiens, Marseillais, Lillois qui sont Français et Noirs. Il y a des noirs en France ; comment sont-ils arrivés, pourquoi sont-ils restés, comment se sont-ils adaptés, comment ont-ils été perçus ? Pour les auteurs, ils sont « les héritiers de siècle de lutte pour obtenir la liberté, l’égalité et la fraternité. » La série mêle des documents d’archive et des témoignages pour restituer ce que les Français ont encore parfois du mal à appeler un « passé commun ».
A partir de dimanche 5 février, dans la Case du siècle, présentée par Fabrice Almeida, à 22 heures.


NOIRSDEFRANCE-legitimus.jpgITW Pascal Légitimus
Le comédien d’origine antillaise fait partie de la trentaine de personnes qui témoignent dans le film de Juan Gélas et Pascal Blanchard, Noirs de France.
« Il y a un manque d’amour »
Pourquoi avoir voulu témoigner dans ce film ?
J’ai accepté de témoigner parce que ma famille a pas mal œuvré pour aider d’un point de vue associatif les Antillais qui débarquaient en France. Mon grand-père, Etienne Légitimus, le mari de Darling, ma grand-mère comédienne, a créé, lorsqu’il est arrivé, une association qui permettait aux Antillais de s’exprimer culturellement, artistiquement, socialement. Il leur trouvait des crèches, du travail, des places dans les lycées ou les collèges. Il avait créé un gros mouvement associatif qui s’appelait La Solidarité antillaise. Mon père a ensuite continué l’œuvre en tant qu’acteur entre les années 1960 et 1990. Il a fait partie de cette première troupe d’acteurs noirs qui s’appelait les Griots. Ils défendaient les œuvres des auteurs africains ou afro-américains. Issu de cette famille, je me devais de témoigner de ce passif. Et puis, j’ai été comédien à mon tour, alors forcément j’ai fait partie de ce paysage culturel et audiovisuel… Donc, j’avais des choses à raconter, des témoignages à restituer.
Avec l’histoire de votre famille, vous participez aux trois épisodes du film qui séquencent « le temps des pionniers (1889-1940) », « le temps des migrations (1940-1974) » et « le temps des passions (1975 à nos jours) »…
Pratiquement. D’un point de vue artistique aussi bien que politique parce que mon arrière grand-père, Hégésippe Légitimus a été un des premiers députés noirs. Il y a une lignée Légitimus qui a continué à être médiatisé.
Y a-t-il quelque chose de commun à ces quatre générations de Légitimus par rapport au fait d’être Noirs de France ?
Le point commun est qu’on passe notre temps à rétablir la normalité, à savoir qu’on essaie de faire exister légitimement, c’est le cas de le dire, les personnes de couleurs alors qu’on ne devrait pas le faire. Donc s’il y a eu un agissement comme ça depuis un certain temps, c’est qu’il y avait une carence, une sous-évaluation et il m’a fallu tout le temps essayer de réharmoniser, de mettre en avant les talents des DOM-TOM, ceux qu’on appelle les Ultramarins. On a toujours été infériorisés pour des raisons culturelles, d’éducation mais aussi de connerie, faut le dire ! La famille Légitimus a toujours été une espèce de Robin des bois qui essayait d’aider les gens mal perçus.
Et entre les divers témoignages de cette série, ceux de Manu Dibango, d’Harlem Désir, de Christiane Taubira, de Lilian Thuram ou le vôtre, y a-t-il là aussi des traits communs ?
Oui bien sûr, parce que c’est le même combat, la même bataille…
Y a-t-il une persistance dans la perception du Noir dans la société française ?
L’homme est toujours un loup pour l’homme. Il n’y a qu’à voir comment ça se passe dans le monde entier… Il n’y a pas que chez nous ! Ce n’est pas un racisme qui est du à la peur tout simplement et il n’y a pas que les Noirs de France qui en sont victimes ; il y a aussi les handicapés, les aveugles, toutes les personnes qu’on considère inférieures, différentes. De notre côté, c’est la couleur de la peau parce que c’est visible… Mais comment peut-on penser que l’extérieur est plus fort que l’intérieur ?…
Le propos de ce film ne rejoint-il pas justement le thème du spectacle que vous jouez en ce moment*, Alone man show ?
Bien sûr c’est ce que m’a dit Lilian Thuram quand il l’a vu, par rapport à son parcours, mais aussi par rapport à l’exposition du musée du quai Branly, l’Exhibition du sauvage. Ce que je raconte dans mon spectacle, ce n’est que le regard des autres car c’est l’autre qui m’a fait sentir ma différence. Je suis né à Paris, mon père est né à Paris donc je me sens beaucoup plus Français que certains mais forcément j’ai reçu des brimades qui me faisaient sentir que j’étais quelqu’un qui n’était pas forcément Français. J’ai du me bagarrer beaucoup plus que les autres, travailler beaucoup plus pour être quelqu’un de normal.
C’est pourquoi vous avez jugé nécessaire de faire votre « coming black » dans ce spectacle…
Je restitue un parcours de mon histoire, je fais un constat. Je ne suis pas dans l’animosité mais je veux que les personnes puissent savoir comment ça s’est passé. Je me considère, à mon niveau, comme un prof d’histoire.
 Que voudriez-vous que les téléspectateurs retiennent de ce film sur l’histoire des Noirs de France ?
Qu’ils prennent conscience que la France n’a pas toujours été chaleureuse, ouverte par rapport aux trois mots qui sont sur les frontons des mairies, liberté, égalité, fraternité. Il faut aussi reconnaître ses erreurs et puis faire en sorte dans l’avenir de ne pas recommencer. Au final, tout ça a existé parce qu’il y a un manque d’amour. S’il y avait eu plus d’amour, on n’aurait peut-être pas eu cette discussion là !
Propos recueillis par FXG (agence de presse GHM)


Les trois épisodes de la série Noirs de France seront diffusés sur France 5, les 5, 12 et 19 février à 22 heures

*Le spectacle de Pascal Légitimus, Alone man show sera en tournée en France à partir du 2 février. Il sera le 13 avril à Marseille, le 14 avril à Sanary, le 25 mai à Aix en Provence et le 26 mai à Nice


Un livre indispensable

Ils sont noirs, d’Afrique, des Antilles, de Nouvelle-Calédonie, d’Amérique du Sud. Ils ont fait et font la France. Un beau livre intitulé « La France noire » raconte leur histoire. L’auteur, Pascal Blanchard, avec la contribution de philosophes, historiens, politologues, spécialistes de la littérature antillaise, parmi lesquels se trouvent Romuald Fonkoa et Françoise Vergès, retrace en 360 pages trois siècles de présence.
Le livre à forte dimension esthétique et graphique raconte en image, en texte et en citations leur histoire, notre histoire, une partie de l’histoire de France trop rarement mise en lumière.
Elle commence aux alentours de 1685, à l’heure du code noir, passe par les deux décennies qui achevèrent la conquête coloniale (1890-1910) et les guerres de 14-18 et 39-45. Qui se souvient des quatre mille Noirs évadés d’Allemagne, des Frontstalags français ou rapatriés sanitaires, qui se sont engagés dans la Résistance ? Citons Blaise Diagne en 1915 qui disait que « quand une maison brûle, tous les habitants ont le devoir d’éteindre l’incendie (…). La maison c’est la France qui comprend le pays des noirs et le pays des Blancs ». Rappelons-nous de cette phrase du générale de Gaulle à l’attention de Jacques Foccart, en novembre 1968,  dont on aurait préféré qu’elle fut prononcée un autre : «Cela suffit comme cela avec vos Nègres…Il y a des Nègres à l’Elysée tous les jours. Vous me les faites recevoir. Vous me les faites inviter à déjeuner…Mais cela fait très mauvais effet à l’extérieur.»
Un chapitre est également consacré aux années 1957-1974, période de l’immigration afro-antillaise et du Bumidom, à la France Black Blanc Beur à son apogée en 1998 et au pays métissé d’aujourd’hui où la discrimination n’a pas disparu.

Editions La découverte


 

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Mardi 31 janvier 2012 2 31 /01 /Jan /2012 05:51

Claude Ribbe dément toute proximité avec le Front national

A la suite de la publication d’un article sur le ralliement de Charles Dagnet au Front national, l’écrivain d’origine creusoise et marie-galantaise, Claude Ribbe, indique : « Je n’ai absolument aucun rapport avec le Front national, dont les idées ne sont pas les miennes, ni avec Marine le Pen que je ne connais pas et dont je ne soutiens pas la candidature. » Quant à sa proximité avec Charles Dagnet, il précise : « Les engagements de Charles Dagnet vis-à-vis à tel ou tel candidat n’engagent évidemment que lui-même et je n’ai pas manqué de lui demander récemment (lors du déjeuner au Zimmer, sans doute, NDLR) une confirmation, ayant été étonné d’apprendre par la presse qu’il ferait partie du comité de soutien de Marine Le Pen. » Claude Ribbe admet simplement avoir écrit en septembre dernier à la présidente du Front national comme à 15 autres candidats, déclarés ou présumés, à l’élection présidentielle au nom de l’association des amis du général Dumas, dont il est le président, pour leur poser la question suivante : « Si vous étiez élu(e), accepteriez-vous, oui ou non, de reconnaître solennellement le droit du général Dumas de faire partie de l’ordre national la Légion d’honneur, privilège auquel il avait droit, et qui lui a été refusé, du seul fait de sa couleur et de ses origines, en 1802. » Il assure enfin que les réponses de tous les candidats, dont celle de Marine Le Pen - pas reçue à ce jour - seront rendues publiques le moment venu.

FXG (agence de presse GHM)

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Lundi 30 janvier 2012 1 30 /01 /Jan /2012 12:37

3 questions à Jean-Luc Mélenchon, candidat du Front de gauche
Jean-Luc-Melenchon-2-copie-1.jpg« L’élection présidentielle sera comme un referendum pour ou contre l’austérité »
Comment expliquez-vous que Nicolas Sarkozy s’en prenne au capitalisme financier et aux banques, ce qui appartient plutôt à votre registre ?
Sarkozy est maître d’une technique de communication qui a été inventée par Tony Blair en Grande-Bretagne, qui s’appelle la triangulation. Ca consiste à prendre les mots de ses adversaires pour les vider de leur sens. C’est comme ça que vous voyez M. Sarkozy faire des discours contre le capitalisme, pour moraliser la finance, pour réduire le rôle des banques… Mais il fait tout le contraire. Nous voyons là le caractère très globalitaire de ce type de propagande et de l’ordre dominant qui empêche de penser en volant les mots. Je crois que c’est là le sommet de la communication de propagande. Mais dans la réalité, la politique de Nicolas Sarkozy, c’est celle de la concurrence libre et non faussée.
Pensez-vous que les socialistes soient condamnés à poursuivre la même politique d’austérité que celle de la droite ?
En quelques jours François Hollande a annoncé un plan d’austérité qui prévoit 50 milliards d’économies budgétaires, il a renoncé à la retraite à soixante ans et fait appel à Bayrou ! Cette contraction de la dépense publique et sociale conduit la société dans une impasse. François Bayrou a, lui, prévu 100 milliards… Tout ça va être prélevé quelque part ! Ce sont des infirmiers, des postiers, des agents des services publics partout en moins… Or, l’emploi public peut être un moteur du développement endogène. Dès lors, on peut dire que l’élection présidentielle va aussi fonctionner, là comme ailleurs, comme une sorte de referendum pour ou contre l’austérité. Nous, nous sommes pour la relance sociale et écologique de l’activité ; eux sont pour l’austérité. Alors vous avez le choix.

Voulez-vous préciser votre offre ?
La question essentielle pour moi est celle qui va départager les libéraux et les planificateurs du modèle social écologiste.
Propos recueillis par FXG (agence de presse GHM)



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